Popol Media (PM) : Comment vivez-vous les récents changements politiques et le mouvement étudiant en Serbie après des années sous le régime de Vučić ?
Vladimira Dorčová-Valtnerová (VDV) : C'est émouvant. Après 10 ou 14 ans à travailler sous un régime qui s'apparentait à une dictature, beaucoup d'entre nous (journalistes) sommes soulagé·es que le changement soit là, même si nous restons prudents. La période Vučić a été extrêmement difficile : les voix indépendantes étaient prises pour cibles et la société était fortement polarisée. Ce que la liste des étudiant·es a accompli en mobilisant les gens dans les grandes villes comme dans les plus petits villages est remarquable. Elle a apporté une approche horizontale, centrée sur la communauté, plutôt que de se reposer sur une figure de dirigeant omnipotent.
PM : Quel a été le déclencheur de ce mouvement, et comment les étudiant·es se sont-ils mobilisé·es pour les élections ?
VDV : Le tournant a commencé avec l'effondrement meurtrier de la gare ferroviaire de Novi Sad, qui a provoqué une colère généralisée (ndlr: en novembre 2024). Le mouvement étudiant a mené sans relâche des campagnes de terrain, parcourant à pied ou à vélo des villages reculés sous la bannière « Un·e étudiant·e dans chaque village ». Il a contourné le blocage des médias traditionnels grâce à Instagram et au dialogue direct, en convainquant les citoyen·nes que le changement était possible. Les étudiant·es ne cherchaient pas le pouvoir pour elleux-mêmes, mais ont soutenu une liste d'expert·es et de professeur·es capables de siéger au Parlement.



