Connaissez-vous Simone Monvert et Berthe Rolland ? Ces deux femmes sont des pionnières puisqu’elles ont constitué, en 1935, la première brigade féminine d’assistantes de police. Dans une vidéo de Gaumont Actualité datant du 19 avril 1935, ont voit les deux femmes saluer le préfet de Police et une voix qui nous explique « Le féminisme remporte une victoire ! Si les femmes n’ont pas pu pénétrer le parlement, elles ont conquis la préfecture de police. » Et ce fait, la création de cette toute première brigade féminine est le résultat d’une longue lutte menée depuis une vingtaine d’années par le Conseil national des femmes françaises, une association suffragiste créée en 1901 et d’inspiration protestante. Cette association a milité auprès du conseil de Paris avec l’aide des conseillers municipaux issus de la droite modérée. Le faible investissement de la gauche et notamment des femmes communistes est liée à une profonde méfiance de ces dernières à l’endroit d’une institution qui les harcèle. On peut donc comprendre leur frilosité à l’idée de faire de la féminisation de la police un combat féministe.
Issues du corps des assistantes sociales, mis en place dans les années 20, le rôle de cette première brigade féminine était plus préventif que répressif. Chargée de veiller à la protection de l’enfance, elle faisait des rondes autour des écoles et des jardins, prévenait le vagabondage scolaire (i.e. l’école buissonnière) et veillait à la sécurité des femmes. A l’instar des assistantes sociales, ce sont elles qui pénétraient, sans armes, dans les foyer violents pour en évaluer les problématiques et envisager des solutions. Non armées, Simone Monvert et Berthe Roland avaient toutefois le pouvoir d’arrestation et de donner des amendes. Elles étaient reconnaissables à leur grand manteau « bleu préfecture » qu’elles portaient par-dessus un tailleur pantalon bleu préfecture. Leur uniforme était parachevé par un chapeau de feutre à l’insigne de la ville de Paris.

