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Carbofascisme d’Etat

Depuis l’élection de Trump, les Etats-Unis tombent de plus en plus dans les mains d’une politique néo-fasciste. Celle-ci à pris une nouvelle tournure ces derniers mois et infiltre la géopolitique et les attaques contre l’environnement mondial s’accentuent. On peut dès à présent parler de « carbofascime ».

Illustration d'Amandine Richaud Crambes

Amandine Richaud-Crambes

03 févr.

A group of people standing in front of a building
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Carbofascisme d’Etat

Depuis l’élection de Trump, les Etats-Unis tombent de plus en plus dans les mains d’une politique néo-fasciste. Celle-ci à pris une nouvelle tournure ces derniers mois et infiltre la géopolitique et les attaques contre l’environnement mondial s’accentuent. On peut dès à présent parler de « carbofascime ».

Illustration d'Amandine Richaud Crambes

Amandine Richaud-Crambes

03 févr.

Dans un article de Libération datant de 2018, le mot « carbofascisme » apparaît pour la première fois dans une tribune du chercheur Jean-Baptiste Fressoz. Celui-ci est historien des sciences, des techniques et de l’environnement au CNRS et publie en 2024 « Sans transition. Une nouvelle histoire de l’énergie » (Paris, Le Seuil). Greenpeace, reprend sa définition pour définir le carbofascisme : « il définit les partis et les dirigeant·es mettant en place des politiques autoritaires, usant d’une rhétorique nationaliste, voire raciste, et méprisant les enjeux écologiques au point de mettre en œuvre des politiques ouvertement écocides ». Cette définition fait écho à l’appropriation des enjeux de souveraineté, de contrôle, de pouvoir des ressources naturelles.

Le carbofascime se décline par plusieurs actions : climato scepticisme ou inaction climatique assumée, protection des intérêts fossiles et des intérêts des industries carbonées du pétrole, du gaz et du charbon, répression des mouvements écologistes ou la hiérarchisation des vies à protéger (le « nous » avant « eux »).

Au niveau de la politique internationale américaine, le carbofascime se manifeste par les différentes attaques lancées par Donald Trump, à commencer par l’hallucinante opération militaire opérée au Vénézuela. Loin de la lutte contre le narcotrafic qui justifia l’enlèvement de Maduro, les intérêts américains sont imposés au Venezuela par le contrôle du pétrole. Le pétrole représente 90% des recettes d'exportation de ce pays qui possède les plus importantes réserves de pétrole prouvées au monde. Mais le pétrole situé dans le sous-sol vénézuélien est pour l'essentiel de "l'extra-lourd". Pour l'extraire il faut le chauffer (pour le fluidifier), et donc avoir du gaz, donc créer des gazoducs, et des infrastructures d'évacuation, et tout cela au milieu de la jungle. Cette opération aurait pour résultat un drame environnemental et une augmentation de la déforestation.

Autre opération : le bombardement du Nigéria. Sous couvert de protection des populations chrétiennes contre Boko Haram, il s’agit pour Trump de faire une nouvelle démonstration de la puissance des États-Unis. Ils sont capables de frapper soudainement un des plus grands pays d’Afrique de l’Ouest et surtout le principal producteur de pétrole d’Afrique, et le 11e de la planète. Ce pays possède aussi des ressources souterraines de métaux rares : zinc, graphite, cuivre, lithium, terres rares.

C’est aussi le cas du Groenland abrite dans ses sous-sols un immense trésor, attisant les convoitises colonialistes trumpistes. Mais ces réserves, parmi les plus importantes du monde, restent encore à cartographier avec précision, sachant que leur exploitation s’annonce très compliquée, sur une île recouverte à 80 % de glace et peuplée seulement de 56 000 habitants.

Cette nouvelle géopolitique environnementale et carbofasciste instrumentalise les enjeux environnementaux et menace le climat mondial. L’exploitation des ressources gazières et pétrolières émettra des gaz à effet de serre accélérant le changement climatique et détruisant les écosystèmes.

Le carbofascisme fait aussi son apparition en France. Dernièrement, les sénateurs ont adopté une proposition de loi, portée par le sénateur Georges Patient, visant à autoriser de nouveau l'exploration pétrolière dans les territoires ultramarins. L’année dernière, c’est le groupe parlementaire du Rassemblement National qui déposait un amendement pour réautoriser les forages pétro-gaziers sur le territoire français et servir les ambitions écocidaires des multinationales. 

En plus de ce nouvel ordre climatosceptique et fasciste, on peut y associer la pétro masculinité portant certains discours hostiles face aux femmes, aux migrants, aux indigènes, et à d'autres minorités. La pétromasculinité est un concept développé par Cara Daggett. Elle décrit une construction de l'identité masculine en lien avec l'énergie fossile abondante : véhicules puissants, mobilité motorisée lourde utilisée comme symbole de virilité, attrait pour les grosses machines/véhicules évoquant la puissance et la vitesse...
Comprendre le lien entre pétrole, certaines formes de masculinités toxiques et régimes fascistes est important, car ce lien est identifié comme un des freins culturels et politiques à la transition énergétique et à la protection du climat.

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