Ce mardi 25 novembre se tenait la journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes, avec pour l’année 2025, un focus particulier sur les violences conjugales. Jamais le décalage entre la puissance de nos mobilisations et la réalité des faits n’a été aussi déprimante. Nous avons beau informer, manifester, discuter, financer, les chiffres restent alarmants. Entre 2023 et 2024, les féminicides conjugaux ont augmenté de 11%, plus de 900 femmes se sont suicidées suite au harcèlement de leur conjoint ou ex-conjoint, soit une hausse de 17%. Une femme est victime de viol toutes les deux minutes et de harcèlement sexuel toutes les 23 secondes. Quel enfer.
En janvier 2024, la députée PS, Céline Thiébault Martinez a lancé une grande consultation en vue d’une proposition de loi cadre « intégrale » contre les violences faites aux femmes. Pendant 11 mois, 109 députés de 8 groupes différents (à l’exception du RN) se sont consultés pour lutter plus efficacement dans toutes les sphères de la société (justice, police, santé, travail, éducation, numérique). La loi a été déposée ce lundi 24 novembre devant l’assemblée nationale.
Il est évident que la solution réside dans un appareil législatif efficace et coercitif mais malgré tout l’ampleur des chiffres, régulièrement en hausse, la sidération provoquée par l’affaire Pélicot ou encore le procès French Bukkake, sans même parler de l’abbé Pierre nous oblige à nous poser cette question : sera-t-il possible, un jour de nous protéger définitivement des violences sexistes et sexuelles ?

