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Iran : Femme, vie, liberté

Trois ans après les révoltes qui avaient suivi la mort de Mahsa Amini, battue à mort pour un foulard mal positionné sur ses cheveux, les Iraniennes et les Iraniens se révoltent à nouveau contre le régime autoritaire de Ali Khamenei. Cette fois-ci sera-t-elle la bonne pour faire tomber les mollahs ?

Illustration de Camille Dumat

Camille Dumat

14 janv.

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Iran : Femme, vie, liberté

Trois ans après les révoltes qui avaient suivi la mort de Mahsa Amini, battue à mort pour un foulard mal positionné sur ses cheveux, les Iraniennes et les Iraniens se révoltent à nouveau contre le régime autoritaire de Ali Khamenei. Cette fois-ci sera-t-elle la bonne pour faire tomber les mollahs ?

Illustration de Camille Dumat

Camille Dumat

14 janv.

Trois ans après les révoltes qui avaient suivi la mort de Mahsa Amini, battue à mort pour un foulard mal positionné sur ses cheveux, les Iraniennes et les Iraniens se révoltent à nouveau contre le régime autoritaire de Ali Khamenei. Cette fois-ci sera-t-elle la bonne pour faire tomber les mollahs ?

En ce début 2026, la révolte est cette fois-ci partie des bazars, où l’hyper inflation et la dévaluation du rial a accentué une crise économique majeure. D’abord centralisée à Téhéran, la révolte a fini par contaminer toutes les provinces et comme pour les manifestations de 2022 qui ont suivi la mort de Mahsa Amini, celle de 2018 et toutes les autres tentatives de faire entendre des voix dissidentes, la répression est sanglante et il est d’ailleurs difficile d’en prendre la mesure puisque le gouvernement iranien a décrété un black-out internet total, coupant les Iraniennes et les Iraniens du reste du monde.

En 2022, après la mort de Mahsa Amini, les contestataires étaient majoritairement des jeunes et des femmes qui manifestaient au son de « Femme, vie, liberté » et luttaient contre ce que les féministes iraniennes appellent une « apartheid de genre », c’est-à-dire les discriminations économiques, juridiques et culturelles dont les femmes iraniennes souffrent. L’obligation de porter le voile étant un des symptômes d’une lutte bien plus profonde et collective suscitant de nombreux malentendus dans les pays occidentaux qui usent du sort des femmes iraniennes pour servir des arguments qui non contents de friser l’islamophobie n’aident en rien les Iraniennes et les Iraniens dans leurs luttes dont on sait qu’elles sont extrêmement organisées, politisées et courageuses, et qui nous alertent toutes et tous sur l’endurance qu’il faut parfois pour faire la révolution, les échecs, les retours de bâtons et au final, n’avoir même pas la certitude que si victoire il y a, elle nous sera pas confisquée.

Il y a évidemment beaucoup à apprendre du courage des Iraniens et des Iraniennes, mais ce que nous enseigne cette nouvelle poussée de révolte, malgré les tentatives de récupération et de division, c’est que le féminisme quand il s’inscrit dans l’intersectionnalité a une capacité à fédérer dans un même mouvement, une société où, par essence, tout le monde n’a pas les mêmes intérêts, ni les mêmes idéologies.

Ainsi « femme, vie, liberté » n’est pas seulement le slogan des femmes, mais celui de tout un peuple qui se soulève, dans les grandes villes, dans les campagnes, dans les universités mais aussi dans les marchés.

Saluons leur courage… et prenons-en peut-être aussi un peu de la graine ! 

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