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No estas sola…

Il y a 20 ans, l’Espagne adoptait à l’unanimité une loi intégrale contre les violences de genre, permettant la prise en charge des victimes dans tous les aspects du processus, depuis la plainte jusqu’au procès, en passant par la recherche d’un logement et de ressources financières. Depuis l’entrée en vigueur de cette loi, les féminicides ont chuté de 35%.

Illustration de Clothilde Le Coz

Clothilde Le Coz

10 déc.

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No estas sola…

Il y a 20 ans, l’Espagne adoptait à l’unanimité une loi intégrale contre les violences de genre, permettant la prise en charge des victimes dans tous les aspects du processus, depuis la plainte jusqu’au procès, en passant par la recherche d’un logement et de ressources financières. Depuis l’entrée en vigueur de cette loi, les féminicides ont chuté de 35%.

Illustration de Clothilde Le Coz

Clothilde Le Coz

10 déc.

Il y a 20 ans, l’Espagne adoptait à l’unanimité une loi intégrale contre les violences de genre, permettant la prise en charge des victimes dans tous les aspects du processus, depuis la plainte jusqu’au procès, en passant par la recherche d’un logement et de ressources financières. Depuis l’entrée en vigueur de cette loi, les féminicides ont chuté de 35%.

L’Espagne est restée à l’avant-garde de cette lutte car elle s’en est donné les moyens. Depuis le début des années 2000, des policiers, médecins, psychologues ou encore des juges ont été formés à la lutte contre les violences faites aux femmes. En 2018, c’était la première fois qu'un budget spécifique était consacré dans le budget de l'État à la lutte contre les violences faites aux femmes. Il s’élevait à 1 milliard d'euros pour la période 2017 - 2022.

Le pays ne fait toutefois pas exception face au virage droitier opéré en Europe. Le parti d’extrême droite Vox a par exemple connu un franc succès lors des élections européennes de 2024, qui l’a confirmé en tant que troisième force politique du pays avec plus de 10 % des voix et six députés. Vox a été créé par une partie des membres les plus conservateurs du Parti populaire (PP) qui reprochaient à ce dernier d’être trop modéré. Vox demande l’abrogation de la loi globale de 2004 qu’elle juge idéologique et discriminatoire envers les hommes. Les prochaines élections en Espagne se tiendront en 2027 ;  le Parti Populaire (PP - conservateur) a peu à peu durci son discours, opérant un glissement démocratique, n’excluant plus de gouverner avec l'extrême droite si nécessaire. Des élections anticipées ont d’ailleurs déjà été évoquées suite aux affaires de corruption et de harcèlement sexuel qui touchent le gouvernement de gauche de Pedro Sánchez, combinés à une crise interne au sein du PSOE. De quoi ternir un peu le tableau du modèle espagnol de lutte contre les VSS.

Pendant ce temps, en France, un groupe de parlementaires a voté le 15 décembre contre la création d’une commission d’enquête sur les défaillances de l’Etat dans la lutte contre les féminicides et les liens entre les féminicides et la domination patriarcale en vue d’en finir avec ces crimes. Chaque jour, plus de trois femmes sont pourtant victimes de féminicide ou tentative de féminicide conjugal. Selon la Fondation des Femmes, le budget actuel prévoit une coupe de 47% des crédits des services de l’État dédiés à la politique d'égalité et de lutte contre les violences. Cette dernière estime qu’il faudrait en France 2,6 milliards d’euros pour accompagner les femmes victimes de violences qui portent plainte. 

Pour plus d’infos, lire l’article en ligne publié en février 2025

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